Les Errances Photographiques, en collaboration avec le Photo-Club de Nontron, ont choisi pour
cette édition 2026 de mettre à l’honneur, ce que nous pourrions appeler, des figures nontronnaises.
Pourquoi avoir associé ces habitants de longue date, celles et ceux qui ont vu grandir Nontron, à une
édition consacrée au thème de l’Enfance ?
La réponse semble finalement assez évidente : avant d’être les adultes qu’ils sont aujourd’hui, ils
ont eux aussi été ces enfants qui ont grandi, joué et arpenté les rues de notre cité. À travers leurs
témoignages, ils ont souhaité partager avec nous les souvenirs d’un passé heureux, d’un temps
d’enfance révolu mais toujours vivant dans la mémoire.
Il s’agit ici de parler de transmission entre générations, de cette manière précieuse dont les récits du
passé, parfois idéalisés, souvent embellis par le souvenir, viennent éclairer notre propre rapport à
l’enfance.
Les souvenirs évoqués par chacun de ces témoins nous interrogent sur nos propres paradis perdus,
comme Marcel Proust a su si justement le faire à travers son œuvre.
Autant de petites madeleines qui font resurgir, dans notre inconscient, les images d’un passé que
nous pensions enfoui…
Merci au Photo-Club de Nontron pour ce précieux travail de mémoire et plus particulièrement à
Nadine Bachelier, Fabrice Carminati, Jean Louis Mantovan, Thomas Sansonnet, Francis Lathière et
Lionel Mantovan.

« Les souvenirs du foot, me viennent en premier ! Mon premier match en tant que minime à
Nontron. En 1968, nous avons gagné la Coupe de Dordogne des cadets ! Apprenti chez Mr Devige à partir de 16 ans, j’ai commencé à apprendre mon métier de sculpteur sur bois.. »
– Alain Colino.
« Arrivée a Nontron depuis 1962, les souvenirs me viennent, le cinéma REX, la bonne odeur du
café grillé de Mme Epinoux, le garde champêtre avec son uniforme et son tambour, les
courses de trottinettes… Avec nostalgie, je n’oublie pas tous les nombreux commerces qui ont
disparu. »
– Béatrice Lagarde.

« Mes souvenirs, c’était la partie basse de Nontron, les usines, beaucoup de monde qui
montait et descendait, qu’on prenait plaisir à regarder. Les Pouillaloux, la fontaine du Bournat, avoir appris à nager à la piscine de Nontron, ma scolarité à l’école Gambetta avec nos blouses roses et bleues ! »
– Carole Tandin.
« Mon souvenir, c’est mon très bon copain « Bébert » il était comme mon frère ! On a partagé tellement de choses ensemble surtout autour du rugby. Un personnage emblématique de Nontron qui a œuvré pour les associations, toujours au service des autres. »
– Alain Lagarde.

« En 1959, mes parents tenaient un commerce rue Brune. A 15 jours de la Félibrée tous les habitants se réunissaient chez les uns ou les autres pour confectionner des fleurs en papier crépon qui vont décorer les rues de la ville. Au grenier de la maison, où étaient stockées les fleurs, il y avait une malle, et j’ai décidé de me cacher dans cette malle. Panique dans ma famille qui m’a cherché partout à l’extérieur même dans les champs. C’est mon père qui m’a retrouvé, j’ai été puni de tout, mais malgré tout, j’ai pu profiter de la fête avec mes cousins et tout c’est très bien terminé. »
– Alain Rifaud.
« A deux ans et demi, après avoir pris mon repas avec mes parents dans les basses rues, je me
suis évadé, et je suis allé directement dans mon bac à sable préféré à l’école Gambetta et
pendant ce temps là, moment de panique des parents et des voisins ! Et avec « Kiki », nous partagions les soirées d’après match sur la place Alfred Agard et souvent les gendarmes nous demandaient d’aller nous coucher car les voisins voulaient dormir ! »
– Charly Labarthe.

« Si je dois raconter un souvenir d’enfance, ce serait celui qui suit car j’étais (et je suis
encore !) très gourmande. J’allais à l’école primaire sur le boulevard, près de l’ancienne gendarmerie. J’habitais sur la route de Savignac, après l’église. Sur mon chemin, se trouvait la boulangerie Colombier au Canton. Et là, arrêt obligatoire pour acheter des bonbons (roudoudous, guimauves, etc….) qui permettaient de reprendre des forces !!! C’est avec nostalgie que je repense à ces moments en passant devant ce magasin. »
– Marie-Line Ducourtieux.
« A l’époque les bus qui faisaient la liaison entre Nontron et Périgueux se garaient sur la place
Alfred Agard, et « Kiki » Pelisson avait trouvé le moyen de se planquer au fond du bus, et de partir sans
prévenir personne. Heureusement, le chauffeur du bus s’en est rendu compte à St Pardoux et là, Mr Pelisson est venu le chercher pour la remise de décoration, c’était magnifique ! »
– François Pelisson.

« Dans les années 50, avec mes cousines, nous allions sur le Bandiat gelé, on patinait et nous
sucions des brins d’herbes glaçés ! Après l’hiver, au printemps, on pêchait la truite et le gougeon cachés sous le sable du Bandiat. Et l’été, mon père nous faisait un radeau avec un bidon et des planches. »
– Gisèle Le Cellier.
« Durant mon enfance, ma grande passion, c’était de me rendre à la gare de Nontron pour voir
évoluer les trains. A cette époque, il y en avait 10 par jour (trains de marchandises et trains de
voyageurs) c’était très intéressant et très enrichissant. »
– Jean Bonnefond.

« Nous sommes arrivés à Nontron en 1970, avec mes parents, mes frères et sœurs. Nous arrivions du Pas de Calais. Mon souvenir reste celui du C.E.G de Nontron, avec les blouses à carreaux roses et bleues, ainsi que pour les garçons les blouses unies grises et bleues, une semaine sur deux. »
– Nadia Dufort.
« Président actuellement de l’Association de pêche « la Gaule Nontronnaise », je me souviens
que j’accompagnais mon grand père qui avait une entreprise de construction lors
des visites chez ses clients. Ce qui m’a permis de rencontrer des Nontronnais et Nontronnaises pour la construction de leur maison et pour les agrandissements des usines. De ce fait, j’ai pu rentrer dans la vie active, j’ai commencé à être apprenti mécanicien de machines à coudre, et en grandissant, n’ayant pas pu reprendre la suite de mon grand-père, je suis resté ouvrier dans différents domaines : transports, mécanique, chaudronnerie … Pour terminer ma carrière, je suis rentré a la ville de Nontron comme responsable de la voirie. »
– Jean-Luc Barre.

« Je me souviens des 5 kms que je devais parcourir pour aller à l’école route de Thiviers. En 1947, Papa était négociant en vin rue du 11 Novembre, et je l’accompagnais à la gare de Nontron pour aller chercher les commandes qui arrivaient dans des citernes. Le vin était transvasé dans des demis-muids pour être ramené en magasin… En 1982, ma fille a été Reine de la Félibrée. »
– Régine Lastère.
« Dans les années 60, j’habitais la Mondinaude, aujourd’hui rue des Cordeliers. Pour les petites courses, j’avais pour mission de descendre à la boucherie Demarthon, place du Canton pour acheter du jambon blanc. Il y avait aussi la limonade chez Mr Epinoux qui torréfiait le café en embaumant tout
Nontron. L’odeur nous servait de baromètre! Et le meilleur, passage obligatoire par la boulangerie chez Mme Colombier pour déguster les carambars, malabars, roudoudous, serpentins et guimauve ! Hummm trop bon ! »
– Isabelle Lagarde.
« J’ai toujours, par des fêtes, essayé de faire sourire et rire Nontron : à mes 10 ans, (1953) avant ma première communion, le vendredi de Pâques, il y avait confession. On avait eu la bonne idée de mettre du Paic, dans le bénitier, de façon à ce que cela fasse un miracle. Et au bout de quelques trempages de mains, ça c’est mis à mousser !!! Oh ! miracle, dans l’église de Nontron ! »
– Michel Meyleu.